Nutriscore

Le Nutri-Score : guide complet sur l’algorithme en 2026

March 7, 2026
Grégoire

À retenir

Le Nutri-Score est un outil efficace d'aide à la décision pour le consommateur, même s'il ne résout pas à lui seul tous les défis de l'alimentation équilibrée. Rappelons ici que l’alimentation appelle à être remise dans son contexte et individualisée.

Le Nutri-Score : guide complet sur l’algorithme en 2026

Introduction

Sacralisé par les uns, diabolisé par les autres, que doit-on penser du Nutri-Score ?

Que ce soit les industriels, des commerçants, la communauté scientifique et les particuliers, le Nutri-Score fait énormément parler de lui.

En effet, lors d’une étude en décembre 2023, 99,6% des français [2] déclaraient avoir déjà vu ou entendu parler du logo. Nous comprenons bien que les enjeux sont alors considérables aussi bien d’un point de vue santé, économique et écologique. Mais peut-on réellement se fier au Nutri-Score ?

En tant que (bientôt) diététicien et passionné de nutrition, j’ai voulu me faire mon propre avis. Décryptons plus en profondeur cet outil et comment l’utiliser.

Ce que que vous trouverez dans cet article

🥕 D’où vient le Nutri-scoreCe que dit la science sur le sujet

🥕 L’algorithme et un exemple d’un calcul

🥕 Les limites du Nutri-Score

🥕 🥕Nos conseils pour l’utiliser

Le Nutri-Score en bref

La démarche a été initiée par le professeur Serge Hercberg et ses équipes de la Sorbonne, puis soutenue et adoptée par le gouvernement français en 2017. Le Nutri-Score est un repère visuel initialement construit pour aider le consommateur à faire des choix éclairés sur ses achats alimentaires dans une démarche de santé publique. Il a pour but de traduire en un coup d’oeil des tableaux plus complexes sur la valeur nutritionnelle d’un produit.

🥕 Ce logo utilise une échelle de 5 couleurs (du vert foncé au orange foncé), associées à des lettres allant de A (« meilleure qualité nutritionnelle ») à E (« moins bonne qualité nutritionnelle).

🥕 Le Nutri-Score est un algorithme basé sur une méthode de calcul totalement transparente et reproductible. Il est défini sur des bases de santé publiques et les recherches scientifiques et concerne “potentiellement” tout aliment pré-emballé transformé ou semi-transformé, ainsi que la plupart des boissons emballées

🥕 Il n’est pas obligatoire en France : notons qu’au premier janvier 2025, 1 416 entreprises étaient enregistrées auprès de Santé publique France. La liste des marques et produits est référencée sur leur site ici. Par ailleurs, beaucoup de marques de produits sucrés n'affichent pas le logo sur les emballages. On retrouve entre autres Mondelez (Milka, Oreo, Pepito…), Ferrero (Kinder, Nutella…), ou encore Danone qui a retiré le Nutri-Score de certains de ses produits (yaourts à boire, Actimel…) qui se sont vus moins bien notés par le nouvel algorithme sorti en ce début 2025.

🥕 Il est utilisé en France, Belgique, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne et Suisse.

Ce que dit la science sur le Nutri-Score

Le Nutri-Score et l’obésité abdominale chez les séniors

Dans une cohorte espagnole de 628 adultes de 60 ans et plus, suivis 6 ans entre 2009 et 2015, un régime globalement moins favorable selon le Nutri-Score était associé à davantage de nouveaux cas d’obésité abdominale. [5]

Concrètement, les participants situés dans le quartile le plus défavorable du score alimentaire (“5‑CNS DI” dans l’article) :

🥕 avaient environ 2,5 fois plus de risque d’en développer qu’au quartile le plus favorable

🥕 chaque hausse de 10 points du score s’accompagnait d’un risque ≈24% plus élevé. Ces résultats, robustes aux principaux ajustements (IMC, adhésion méditerranéenne), soutiennent l’intérêt du Nutri‑Score comme repère pour limiter l’accumulation de graisse abdominale à l’âge avancé.

Impact du Nutri-Score sur l’obésité abdominaleSource : “Less Favorable Nutri-Score Consumption Ratings Are Prospectively Associated with Abdominal Obesity in Older Adults”[5]

Bien que robustes, cette étude ainsi que celle présentée ci-dessous, sont basées sur du déclaratif (les participants déclarent eux-même ce qu’ils ont consommé) ce qui peut-être en soi un biais.

NB : L’obésité abdominale est définie par rapport au tour de taille : ≥ 102cm chez les hommes et ≥ 88cm chez les femmes.

Le Nutri-Score aide à distinguer les aliments favorables à la santé

Dans la grande étude européenne EPIC [3] (345 533 adultes, avec un suivi médian sur 12,3 ans), les chercheurs ont évalué la qualité globale de l’alimentation des participants. Sur la période de suivi, 16 214 cas de maladies cardiovasculaires ont été recensés (dont 6 565 infarctus et 6 245 AVC).

Résultat : à chaque hausse d’un “écart‑type” du score (une unité statistique qui mesure un cran notable de différence entre personnes), le risque d’avoir un événement cardiovasculaire augmente d’environ 3%, et le risque d’AVC d’environ 4%. Ainsi, l’article reporte plus exactement un :

🥕 Risque relatif (Hazard Ratio, HR) pour un événement cardiovasculaire : 1,03 (intervalle de confiance 95% : 1,01–1,05) soit une augmentation du risque relatif de 3% par écart-type (information importante !)

🥕 Risque d’infarctus du myocarde : HR = 1,03 (1,01–1,07), soit une augmentation du risque relatif de 3%.

🥕 Risque d’AVC : HR = 1,04 (1,01–1,07), soit une augmentation du risque relatif de 4%.

Concrètement, entre les profils alimentaires les plus favorables et les moins favorables observés dans l’étude, l’écart correspond à environ 2,8 “crans” et se traduit par ~+9% d’événements cardiovasculaires et ~+12% d’AVC. Autrement dit, plus l’ensemble de ce que l’on mange au quotidien se rapproche des produits mieux notés par le Nutri‑Score, plus le risque cardiovasculaire diminue, même si une seule lettre (A à E) sur un produit isolé ne suffit pas à elle seule à résumer votre risque.

Le Nutri-Score impacte les habitudes d’achat des français

Des travaux de Observatoire de l’alimentation (Oqali) et de Santé publique France en 2021 montrent que le Nutri-Score a modifié les habitudes d'achat des français.

“Parmi les consommateurs connaissant le logo, 45% ont déclaré que le Nutri-Score pouvait les encourager à choisir un produit mieux noté dans un même rayon (contre36% en 2020) et 43% ont indiqué que le logo pouvait leur faire changerdurablement certaines habitudes alimentaires (contre 35% en 2020).” [4]

Nous comprenons dès lors que ce logo coloré joue un vrai rôle en matière de santé d’une part, et d**’économie** d’autres part, en pénalisant les industriels qui ne revoient pas leur formulation de produits (donc la liste d’ingrédients et les valeurs nutritionnelles).

La conséquence de cela est que plusieurs marques ont d’ores et déjà reformulé leurs produits afin d’obtenir un Nutri-Score plus favorable.

Par exemple, Nestlé déclare avoir augmenté dans les Chocapics les fibres (+120%), et diminué les sucres (-48%), le sel (-61%), et les acides gras saturés (-48%) entre 2005 et 2025.

Comment fonctionne l’algorithme du Nutri-Score en 2026 ?

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Si tu ne veux pas connaître en détails comment l’algorithme fonctionne, tu peux simplement lire la section “à retenir” à la fin de cette partie

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Le Nutri-Score apparaît désormais sur une grande partie de nos emballages alimentaires. Derrière ce score se cache un algorithme précis qui évalue la qualité nutritionnelle des produits. Comprendre son fonctionnement est intéressant afin de mieux interpréter cette information et d'en tirer profit pour ses choix alimentaires.

Une des grandes forces du Nutri-Score est d’avoir un algorithme transparent, et de fait reproductible : nous pouvons le calculer pour n’importe quel produit (même ceux qui ont refusé le Nutri-Score) dès lors que nous avons ses valeurs nutritionnelles et la liste d’ingrédients qui le compose ce qui, je le rappelle, est obligatoire en France.

La méthodologie globale est la même pour toutes les catégories d’aliments.

  1. Il s’agit de calculer :

🥕 des points négatifs notés “N”* : énergie (calculée kilojoules ou kcal), sucres (g), graisses saturées (g) et sel (g). Nous pouvons noter que certains documents parlent de sodium (en mg), d’autres de sel (en g), mais une conversion simple permet de passer de l’un à l’autre :

  • sel (g) = (sodium (mg) * 2,5) / 1000
  • sodium (mg) = sel (g) / 400

*NB : C’est ainsi qu’ils sont appelés dans les documents officiels partagés sur santepubliquefrance.fr [1], mais je leur préfère une formulation plus nuancée telle que “à limiter”.

🥕 des points positifs notés “P” : protéines (g), fibres (g) et le pourcentage de fruits/légumes/légumineuses (%)

  1. Cela nous permet de calculer un score en faisant la soustraction

Score = Points négatifs - Points positifs

  1. Chaque score est associé à une lettre (de A à E) et une couleur (vert foncé à orange foncé) avec le logo que nous connaissons tous.
Schématisation des étapes d’attribution du Nutri-ScoreSource : Nutri-Score Questions & Answers(english version)[6]

Nous allons tout d’abord observer l’algorithme du Nutri-Score pour le cas général, puis nous creuserons l’ensemble les cas spécifiques que sont les boissons et les matières grasses végétales et animales.

Le calcul pour les produits généraux du Nutri-Score

1. Le calcul des points négatifs

🥕 Acides gras saturés notés de 0 à 10 points

🥕 Les sucres notés de 0 à 15 points

🥕 L’énergie (kJ ou kcal) de 0 à 10 points

🥕 Le sel de 0 à 20 points

Nous remarquons donc que les produits peuvent cumuler jusqu’à 55 points négatifs !

Tableau 1 : attribution des points Négatifs (N) en fonction des valeurs nutritionnelles des produits

2. Le calcul des points positifs :

🥕 Les protéines de 0 à 7 points ⚠️ Si le produit est de la viande rouge, les points décernés par la présence de protéines seront limités à 2. Et ce, dès lors que la part de viande rouge ≥ 20% du produit. Ceci va dans le sens des recommandations du PNNS de limiter la consommation de viande rouge.

🥕 Les fibres de 0 à 5 points

🥕 La proportion de fruits, légumes ou légumineuses (FFL%) de 0 à 5 points

Les produits peuvent donc cumuler jusqu’à 17 points positifs (12 pour la viande rouge) !

Tableau 2 : attribution des points Positifs (P) en fonction des valeurs nutritionnelles des produits

3. Calcul du score :

Ici entre en jeu quelques spécificités selon les produits.🥕 De façon générale, si le nombre de points négatifs N est inférieur à 11 OU si le produit est un fromage, nous aurons :

Score = Points négatifs - Points positifs

🥕 En revanche, si le nombre de points négatifs N est supérieur ou égal à 11 (or fromage, comme vu précédemment), alors les protéines ne seront plus comptabilisées soit :

Score = Points négatifs - points positifs + protéines = points négatifs - points fibres - points FFL%

  1. Conversion du score en lettre et couleur :
Tableau 3 : équivalence entre nombre de points et Nutri-Score

Cas spécifique : comment se calcule le Nutri-Score pour les matières grasses ?

Cette catégorie comprend les matières grasses animales et végétales, fruits à coque et graines.[6]

Les principales différences avec le cas général vu ci-dessus sont :

🥕 Les points négatifs sont désormais (les points positifs ne changent pas) :

🥕 le sel (ne change pas) de 0 à 20 points

🥕 les sucres (ne change pas) de 0 à 15 points

🥕 les graisses saturées sont remplacés par le ratio graisses saturées / total des graisses (lipides) de 0 à 10 points

🥕 l’énergie est remplacée par l’énergie issue uniquement des graisses saturées. Ceci permet de valoriser les “bonnes graisses” et de voir des produits comme l’huile d’olive bien notés.

🥕 Pour tous les produits de cette catégorie :

🥕  De façon générale, si le nombre de points négatifs N est inférieur 7, nous aurons

Score = Points négatifs - Points positifs

🥕  En revanche, si le nombre de points négatifs N est supérieur ou égal à 7, alors les protéines ne seront plus comptabilisées soit

Score = Points négatifs - points positifs + protéines = points négatifs - points fibres - points FFL%

🥕 La conversion du score en lettres et couleur diffèrent également, comme constaté sur le tableau 3.

Particularités des matières grasses

Cas spécifique : comment se calcule le Nutri-Score pour les boissons ?

Désormais, le lait, boissons lactées (aromatisées ou non), yaourts à boire, crèmes à café et boissons végétales, eaux aromatisées, soda, jus de fruits sont classées comme boissons. [6] En revanche, les soupes/gaspachos restent attachés au cas général vu précédemment.

Les principales différences avec le cas général vu ci-dessus sont :

🥕 Une pénalité beaucoup plus forte s’exerce sur l’aspect énergétique, mais aussi sur le sucre. En effet, les 10 points négatifs sont atteints pour 390kJ (soit 93kcal) pour 100mL de boissons au lieu de 3350kJ (soit 801kcal) pour 100g d’aliments. La raison n’est pas explicitée, mais ceci est probablement dû au fait que ces calories liquides sont très facilement “ingurgitables” sans rendre compte. Il est en effet assez facile de boire 330mL (une canette) de boisson comparé à 330g d’aliments solides qui prennent plus de temps et de satiété. De même, la pénalité maximale (10 points) pour les sucres est atteinte pour 11g de sucres vs 34g pour le cas général.

➡️ Tout cela est détaillé dans les tableau 1 et 2 partagés dans le paragraphe sur le cas général

🥕 Seule l’eau peut-être classée Nutri-Score A.

🥕 Prise en compte des additifs non alimentaires.

Certains additifs sont pris en compte pour les boissons et leur présence ajoute 4 points aux points négatifs. Les additifs concernés sont les suivants :

🥕 La conversion du score en lettre et couleur diffère également grandement, comme vous pouvez le voir à nouveau dans le tableau 3. Le Nutri-Score E sera obtenu à partir d’un score de 10, contre 19 pour le cas général et les matières grasses.

🧡L'algorithme du Nutri-Score

🥕 attribue des points négatifs (N) aux éléments à limiter : énergie, sucres, acides gras saturés, sel

🥕 attribue des points positifs (P) aux éléments favorables : protéines, fibres, fruits et légumes

🥕 puis il fait la balance entre ces éléments via la formule Score final = N (négatifs) - P (positifs).

Le score final, calculé pour 100g ou 100ml, fait la balance entre ces points négatifs et ces points positifs. Cela détermine un score lui-même converti en lettre de A (meilleur) à E (moins favorable).

Exemple de calcul du Nutri-Score

Afin d’illustrer de façons plus concrètes le calcul du Nutri-Score, plongeons nous dans un exemple.

Nous avons ici des céréales Chocapic ainsi que leurs valeurs nutritionnelles (août 2025).

Chocapic version août 2025

🔴 Calcul des points N

  • AGS 1,1g ⇒ 1 point
  • Energie 1624kJ ⇒ 4 points
  • Sucres 19,9g ⇒ 8 points (Anecdote : à 20g, cela aurait fait 9 points. Les marques connaissent naturellement ces seuils.)
  • Sel  0,20g ⇒ 0 point (cela aurait été 1 point si on avait eu 0,21g de sel)

TOTAL POINTS N : 1 + 4 + 8 + 0 = 13

🟢 Calcul des points P

  • Protéines 8,5g ⇒ 3 points (⚠️Non compatibilisés car Points N ≥ 11)
  • Fibres 7,7g ⇒ 5 points
  • FFL (fruits légumes ou légumineuses)

TOTAL POINTS P : 0 (protéines non comptées) + 5 + 0  = 5

🥕 Calcul de score final

SCORE TOTAL = Points N - Points P = 13 - 5 = 8

Si nous reprenons notre tableau de correspondance, cela correspond à un Nutri-Score C (entre 3 et 10).

Les limites actuelles du Nutri-Score

Maintenant que nous savons plus précisément comment est calculé le Nutri-Score, nous avons les éléments pour comprendre un peu plus ses limites.

Le Nutri-Score évalue des produits pour 100g/100mL

Une des limites des Nutri-Score est qu’il ne prend pas en compte les portions réelles consommées. Tous les scores sont calculés pour 100g (ou 100mL dans le cas des liquides).

🥕 Cela va pénaliser des produits à haute densité nutritionnelle consommés en petite portion comme les huiles (5 à 10mL) qui s’intègrent par ailleurs très bien une alimentation équilibrée… et à l’inverse favoriser des produits que nous consommons en grande quantité avec une faible densité nutritionnelle comme les soupes industrielles, des salades ou plats cuisinés “légers”.

🥕 Ce biais au niveau des portions s’applique en comparant des produits similaires. Prenons l’exemple de ces 2 pizzas industrielles avec un Nutri-Score B : la pizza A fait 400g, la pizza B fait 310g.

PIZZAS

Nous comprenons bien qu’il est peu probable que nous mangions 310g de la pizza A pour en laisser 90g.

Ainsi à Nutri-Score et composition équivalents, le consommateur verra ses apports en graisses saturées, kilo calories, sucres et sel majorés de 29%, et ce, sans que ce soit pris en compte par le score observé sur l’emballage.

Le Nutri-Score ne peut pas prendre en compte le contexte, l’individu et la fréquence de consommation

🥕 Le Nutri-Score évalue des produits de façon isolée, sans tenir compte de l’équilibre alimentaire global de la journée, de la diversité alimentaire, des associations, et de la fréquence de consommation réelle et recommandée.

Nous touchons là une limite conceptuelle importante : aucun aliment n’est “bon” ou “mauvais” dans l’absolu. C’est la composition globale de l’alimentation à l’échelle de la journée ou de la semaine qu’il faut analyser prioritairement.

🥕 Cet outil a été conçu pour servir au plus grand nombre. En effet, les critères sont les mêmes pour tous les consommateurs, sans considération pour : l’âge, le sexe, l’état physiologique (grossesse, allaitement), le niveau d’activité physique, les pathologies, le régime alimentaire (végétarien, végétalien…).

Un ultra-trailer qui s’entraine 10 ou 15h par semaine a besoin d’aliments denses en énergie et macronutriments et pourrait être amené à consommer des aliments qui seraient, bien entendu, inadaptés à une personne sédentaire.

L’ignorance des micronutriments essentiels

L’algorithme se concentre principalement sur les macronutriments, ainsi que les fibres et le sel. Il ne prend en revanche pas en compte

🥕 Les vitamines : A, C, D, groupe B, etc

🥕 Les minéraux : fer, magnésium, calcium, zinc, etc

🥕 Les antioxydants

🥕 Les polyphénols

🥕 Les oméga-3 spécifiquement (même si nous l’avons vu précédemment, l’algorithme prend en compte le pourcentage d’acides gras insaturés pour la catégorie “matières grasses”)

Cela se dresse comme une limite certaine lorsqu’on sait que les carences en micronutriments constituent un enjeu majeur de santé publique en Europe. Par exemple en Europe de l’Ouest, selon The Lancer Global Health[7], la prévalence des apports insuffisants en vitamine D chez l’adulte est estimée à 64%.

Le Nutri-Score ne tient pas compte du degré de transformation

Les études montrent que la qualité nutritionnelle ne se résume pas à la somme de quelques nutriments. La matrice alimentaire (l'organisation physique des nutriments dans l'aliment), le degré de transformation, la biodisponibilité des nutriments et les interactions entre composants jouent un rôle crucial dans l'impact sur la santé d'un aliment comme le souligne très bien Anthony Fardet [8].

Le Nutri-Score ne prend aujourd’hui pas en compte :

🥕 Le degré de transformation d’un produit. Certains aliments qui peuvent paraître “sains” d’après la composition nutritionnelle peuvent en réalité cacher des étapes de transformation qui en font des produits à consommer avec modération. Nous pouvons citer par exemple les galettes de riz, dont les étapes de transformation en font de véritables source d’explosion d’insuline.

🥕 Les additifs, mis à part ceux mentionnés ci-dessus pour la catégorie “boissons”. Le Nutri-Score ne prend également pas en compte les labels, le mode d’élevage, l’impact écologique ou encore les pesticides et les contaminants.

🥕 Les étapes de transformation du produit après l’achat. Par exemple, si vous achetez des frites surgelées, le Nutri-Score sera A car c’est ni plus ni moins de la pomme de terre. En revanche, cela ne prend pas en compte l’étape de cuisson (plongées dans de l’huile à très haute température) effectuée à la maison, qui en fera finalement un produit à consommer de façon occasionnelle et avec modération.

Un débat sur la stigmatisation des acides gras saturés

Le traitement controversé des matières grasses fait régulièrement débat. En effet, le Nutri-Score pénalise fortement les acides gras saturés, ce qui reste débattu dans la littérature scientifique actuelle. Certaines personnes insistent sur le fait que tous les acides gras saturés n’ont pas les mêmes effets métaboliques et qu’il est réducteur de mettre dans le même panier des acides gras à chaine courte et des acides gras à longue chaine comme l’acide palmitique (dans l’huile de palme).

Pour rester factuel, rappelons néanmoins qu’à date, le PNNS recommande de limiter la consommation d’acides gras saturés, sans distinction.

Une fois que nous avons tous ces éléments en tête, devons-nous utiliser le Nutri-Score ?

Conclusion

Malgré ses limites et bien que facultatif, le Nutri-Score présente un intérêt scientifiquement démontré que ce soit pour ses effets bénéfiques sur la santé, les habitudes d’achat des consommateurs ou l’encouragement envers les industriels à revoir les compositions nutritionnelles de leurs produits.

🥕 Par définition, le Nutri-Score identifie des produits qui ont subi des transformations (de transformations minimes jusqu’à des ultra transformations). Ceci est un biais en soit car les recommandations santé vont toujours dans le sens de privilégier des aliments les plus bruts possibles - fruits, légumes, légumineuses, oléagineux, produits animaux locaux issus d’élevages extensifs etc - qui ne comportent pas toujours d’emballages et donc de Nutri-Score. Pour observer le degré de transformation d’un produit, vous pouvez consulter également le Novascore (disponible sur l’application Open Food Facts via un simple scan de votre produit) et privilégier des produits avec une liste d’ingrédients la plus courte possible en limitant la présence d’additifs.

🥕 Le Nutri-Score n'a jamais été conçu pour comparer un soda avec de l’huile d’olive, ni un yaourt avec un plat préparé. Qui utiliserait du Coca Cola pour faire sa vinaigrette ? Son utilité réside en revanche dans la comparaison de produits qui remplissent la même fonction dans votre assiette : comparer 2 tablettes de chocolat fait probablement plus de sens.

Il est donc intéressant d’utiliser le Nutri-Score comme un outil de tri et non un verdict : il ne s’agit pas de diaboliser systématiquement les mauvais scores, ni de consommer en excès les “bons” scores, mais de les remettre dans un contexte de consommation approprié à ses besoins individuels.

🧡 En bref, le Nutri-Score est un outil efficace d'aide à la décision pour le consommateur, même s'il ne résout pas à lui seul tous les défis de l'alimentation équilibrée. Rappelons ici que l’alimentation appelle à être remise dans son contexte et individualisée.

Grégoire

Co-fondateur de @nnoodle. Ingénieur en biochimie de formation, je me suis spécialisé dans la diététique du sport. Je suis pratiquant de course à pied du 5km à l'ultra-trail.

Références

[1] https://www.santepubliquefrance.fr/media/files/02-determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/nutri-score/qr-scientifique-technique-en

[2] https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2024/nutri-score-le-point-sur-les-nouveautes-2024

[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39529812/

[4] https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_nutriscore_bilan_2021_v2.pdf

[5] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11013145/

[6] https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/150263/file/FAQ-updatedAlgo-EN_20231222.pdf

[7] https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(24)00276-6/fulltext

[8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27125637/

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